• Mélanie Blaison
  • Faire comme si vous étiez dans un espace exigu.
    Compter 1m x 2,5m maximum.
    Durée 3 minutes.*

    • * p. 4, Mélanie Blaison, Sans titre, 2013-2014 (papier, encre, format A4, 32 feuilles).

    Sur une proposition de Marie Cantos

     

    Des moulages en plâtre d’objets, planches et tables. Des papiers collectés dans des couloirs, sur des trottoirs, le long des chemins. Trouvés, toujours trouvés. « Des surfaces à l’arrêt, stabiles, dans des lieux de passage, écrit-elle. » Des surfaces où affleurent différentes textures, quasi picturales, qu’elle aide parfois : un frottage, un jus pigmenté, un aplat de terre, une empreinte à la craie, des morceaux de phrases tapées à la machine à écrire, comme gravés, et que l’on déchiffre par leur verso, souvent. Des surfaces où (se) reposent des formes et des actions : tels ces agencements de papiers au mur ou à l’horizontal organisant des paysages abstraits, en attente, ou encore ses « instructions », des séries de très courts textes sur des sculptures jamais réalisées, faute de…

    Le dépouillement raffiné et la poésie brute des œuvres de la jeune artiste se sont immédiatement imposés à moi lorsque j’ai été conviée à investir Le Papillon. Et l’évidence qu’une telle invitation, dans le contexte d’une école supérieure d’art, ne pouvait souffrir de réponse qui ne prenne en compte les étudiant.es eux.elles-mêmes. L’intuition, enfin, que le dispositif proposé, à la fois modeste et généreux, autoriserait une forme de légèreté dans la conduite du projet.

    De là, un ping-pong avec Mélanie. Très vite : une proposition de titre – les dimensions du Papillon m’évoquant ce fragment issu de l’un de ses textes, l’une de ses « sculptures pour l’oreille » pourrait-on écrire. Mais alors : basculement dans le quotidien de l’artiste qui me confie que celui-ci lui a été inspiré par sa toute petite cuisine. Et donc : laisser infuser cet échange apparemment anodin, et attendre, habiter l’idée comme l’on habite les lieux… Le papillon serait au sol, sans apprêt et sans (a)ménagement. À l’intérieur, contre un bord, deux moulages en plâtre : une planche pleine et une surface de planche. Deux objets (qui sont aussi des matériaux) prélevés… dans la cuisine de Mélanie Blaison où elles traînaient depuis longtemps. Autour du Papillon, un groupe d’étudiant.es de l’ESBAN réaliseraient des lectures-performances préalablement écrites et répétées avec l’artiste l’après-midi-même, au cours d’un court workshop. Se mêlant aux lectures de textes de l’artiste par elle-même, ils créeraient d’improbables dialogues.

    Marie Cantos

     

    Description de l’exposition :

    Le papillon est posé au sol, brut, sans aucun aménagement. À l’intérieur, contre un bord, deux moulages de surfaces de planches. (Planches trouvées et posées dans la cuisine de Mélanie Blaison depuis longtemps). Il se produit alors un lien avec le quotidien et la notion d’habiter un lieu.

    Un groupe d’étudiants de l’ESBAN réalisent des lectures-performances qu’ils ont préalablement mises en place et répété avec Mélanie Blaison au cours de l’après midi. Ils forment des sortes de dialogues récités entre les étudiants et l’artiste.

     

    http://c-e-a.asso.fr/cantos-marie/
    http://aicafrance.org/portrait-de-marie-cantos/

    • Mélanie Blaison, sur une invitation de Marie Cantos
    • 2 décembre 2015
    • Carré d’art – Musée d’art contemporain, Nîmes